Tribune du gouvernement sur l’ORTB

Jean-Bernard Favi présente la place du commerce dans l’économie béninoise

Le commerce va au-delà de l’import et l’export. C’est l’information

capitale qui a servi de fil conducteur aux explications du Directeur
Général du commerce sur le plateau de l’émission Tribune du
gouvernement sur l’ORTB vendredi dernier. Retour sur émission :

Nous devons faire la différence entre l'activité commerciale et le secteur dans lequel l'activité est mené. les secteurs de la santé, de l’agriculture, du transport, les finances de l'assurance de l'éducation etc sont tous partie intégrante du commerce. C’est dire donc
que le commerce est au cœur de la vie des béninois. Le commerce se
porte bien au Bénin.
Importation : 1496 milliards 2016, 1770 milliards en 2017 soit une
profession de près de 18 %
Exportation : 194 milliards en 2016 et 381 milliards en 2017.
Nous avons une balance commerciale déficitaire de 26,04%.
Accord sur la facilitation des échanges est un accord de l’OMC qui
a été signé le 22 février 2017 ratifié en juin 2017 par le Bénin. Il consiste à
standardiser, harmoniser, moderniser et sentraliser les opérations portuaires de façon à faire gagner aux opérateurs du temps et une réduction des coûts.
Aujourd’hui il y a une nette amélioration des prestations avec des
spécifications qui permettent de faire enlever les marchandises en un
temps records suivant les niveaux de contrôles établis. A côté de
cela, il y a l'amélioration de la plateforme du guichet
unique du commerce extérieur qui permet à l’opérateur de mener plusieurs opérations en un seul endroit. La dématérialisation des liasses de papiers et la modernisation des opérations d'enlèvement ont permis d'atteindre les objectifs. les operareurs peuvent remplir des documents en ligne.
La quasi totalité des 45 projets du PAG concourt au développement du commerce.
Pour exemple, la construction des routes améliore les
conditions de transport et surtout de convoyage des produits agricoles et marchandises à temps à un coût de revient bas. L’énergie a connu des avancées, avec la disparition du
délestage qui nous hantait tout le temps. L'énergie est un facteur de production très capital dans une entreprise industrielle et commerciale. La disposition des barrières et contrôles de nos routes a amélioré la libre circulation des personnes et des biens et a diminué des coûts de revient les marchandises.
Le chef de l’Etat est entrain d’oeuvrer pour permettre au commerce
béninois de prendre assez d’envol. Car tout converge vers le commerce qui est transversal et au centre de tout.

Les conditions pour l’émergence de l’exportation

Tout pays exporte ses surplus de production sur les marchés où la demande existe. Mais la réalisé est que ces produits doivent respecter les normes de qualité adoptées sur ce marché. Les mesures sanitaires et phytosanitaires permettent d'accéder aux marchés internationaux et c'est là que nous avons des défis à relever. Pour la consommation locale le respect des normes est aussi indispensable pour préserver la santé des populations et l'environnement. Avec la mondialisation nous partageons le même marché avec les produits importés qui sont pour la plupart très concurrentiels. La vision du chef de l'État est d'identifier les produits importés pour lesquels nous avons des avantages comparatifs et compétitifs en terme d'existence de la matière première et les autres factures de production afin de substituer à leurs importations, d'augmenter nos exportations par la diversification et la transformation de nos matières premières. Le
chef de l’Etat est un homme de vision et en planifiant les actions du PAG qui sont en cours actuellement, il envisage impacter le bien être de la population.
Plusieurs projets de renforcement des capacités et de mise à niveau des entreprises sont developpés au ministère de l'industrie et du commerce à travers le cadre intégré renforcé et le bureau de restructuration et de mise à niveau.

Le maïs n’est par cher.

« Le maïs n’est cher », c’est la réponse sans ambages du Directeur
général du commerce. « En le basant sur les prix collectés dans tous les départements il y a un mois, un sac de 100Kg se vend entre 12.000 et 17.000 selon les régions. Le kg tourne autour de 170 et 200F Cfa. Si le gouvernement a permis l'exportation du maïs c'est parceque la production de cette année est meilleure et le surplus peut belle et bien être exporté afin
d’influencer positivement notre balance commerciale.
Nous exportons plusieurs produits dont les plus importants sont: le coton 54%, les fruits 11%, l’or 4%, soja 3 %, le
ciment 2,2%, l’huile 2% le sucre 2%. Le Bénin exporte sur la Chine,
l’Inde, le Vietnam, les Usa, l’Ue et dans plusieurs pays africains.
Comme je l'ai dit précédemment, Il est question d’identifier les produits pour lesquels nous avons des avantages comparatifs et
compétitifs pour dynamiser nos productions en vue d’améliorer nos
exportations. Le Bénin appartient à plusieurs zones économiques tellesque l'UEMOA, la CEDEAO et ZLECAf. Mais sans une forte production, nous ne pouvons pas beneficier des avandages qu'offrent ces zones.
Nos exportations dans la sous région sont encore à un niveau très bas. Cependant, nous avons des excédents commerciaux sur certains pays comme le Niger 15,6%, le Nigéria
7,5% sans oublier le Tchad et le Burkina Faso.
Dans la sous-région, on peut dire que le Bénin fait des progrès insignifiants.
le Nigeria est bien favorable à l'exportation des produits originaires du Bénin même si dans la pratique des efforts diplomatiques restent à faire.
Les importations contribuent au budget de l'État entre 30 et 35%. Le gouvernement fait des efforts qui sont appréciés sur le plan international. En 2016 par exemple, le déficit budgétaire du
Bénin était de 7,9%. En 2018 nous sommes passés à 4,1%. On prévoit
descendre à 1,9% en 2019. Ces indicateurs macro économiques ajoutés à notre PIB qui est passé de 2,1 % en 2016 à 6 % aujourd'hui justifient la santé financière de notre pays. Le Bénin arrive progressivement à
s’autofinancer grave à une gestion rationnelle et seine des finances publiques. Nous devons tous soutenir la volonté du chef de l'État qui consiste à lutter contre la gabegie, le pillage des deniers publics et l'impunité afin que nous puissions prendre en main notre développement ce qui encouragera les partenaires techniques et financiers et les autres États à nous venir en aide.
Les réformes du PAG sont également en lien avec le secteur
touristique en pleine relance qui impactera aussi le commerce béninois. Les
deux premières années ont été consacrées aux études et recherches de financement. Mais depuis peu, les choses sont de plus en plus
visibles, plusieurs projets ont demandé et plusieurs d'autres sont annoncés pour début 2019.
Le Bénin est membre de la Cedeao (15
pays). Et pour éviter le détournement du commerce à travers les droits de porte, il a été institué le tarif extérieur commun (TEC) qui harmonise les droits de douane et la validation des lignes tarifaires. Plusieurs dispositions sont prises pour attribuer l'origine aux produits de la communauté afin de leur permettre une libre circulation. l'Afrique ambitionne créer la zone de libre échange continental. Ce projet en cours depuis 2015 a connu des avancées. 49 Etats ont déjà signé cet accord et 10 Etats membres l'ont ratifié. Le Bénin ne l'a pas encore signé car le chef de l’Etat demande que les études soit faites pour savoir les dispositions à prendre pour tirer des avantages de la mise en application de cet accord. Il faut rappeler que l'article 23 de l'accord précise qu'il entrera en vigueur après sa ratification par 22 Etats membres. J'ai dit tantôt que 10 Etats membres l'ont déjà ratifié.
Les accords ACP-UE facilitent les échanges commerciaux entre
l’Afrique Caraïbes Pacifiques et l’Union européenne. De cet accord est né les APE régionaux. Le Bénin se retrouve dans APE ouest africaine. Avec cet accord les pays ouest africains peuvent exporter dans l'Union européenne leurs produits en bénéficiant d'une exonération des 100% de droit de douane et en retour nous ouvrons nos marchés à 75 % pour les produits de L'union européenne. Cet accord a été signé en 2000 pour une durée de 20 ans. L'APE ouest africain entre en vigueur après la signature de tous les Etats membres. Or le Nigeria et le Liberia ne l'ont pas signé jusqu'à ce jour. La côte d'Ivoire et le Ghana ont tenté la signature des accords intérimaires à cause de leurs intérêts et échanges avec l'UE. Selon les experts en commerce international, l'entrée en vigueur de ce accord peut être suicidaire ou bénéfique pour le Bénin. A condition qu'il transforme les menaces en opportunités afin de pouvoir participer considérablement à une exportation massive de produits manufacturés. La mise en application de cet accords
signé par notre pays n’est pas encore effective. La
position du Bénin dans la perspective de la révision de ces accords en
2020 demeure stratégique, puisque le Bénin n’arrive pas encore à exporter suffisamment vers UE. Cela constitue tout de même une
opportunité pour notre pays dans
l’amélioration de la productivité et d'augmentation de la production des produits manufacturés par l'industrialisation.

Le rapport ‘’doing business’’

Le Bénin qui, précédemment occupait 151 éme place, a perdu 2 places pour se retrouver 153 selon le rapport doing business 2019 de la banque mondiale. Cependant le Bénin n'a pas régressé mais a fait une progression de 0,13 points en facilité de faire les affaires soit 51,29 dans le doing business 2018 et 51,42 dans celui de 2019. Cette descente du Bénin dans le classement en dépit du progrès en score, s'explique par le fait qu'il s'est vu dépasser au cours de l'année par certains pays africains de trois places à savoir le Togo le Djibouti et la Guinée. Mais avec les réformes en cours, nous espérons que ce score sera améliorer les années à venir.
Car il y a des réformes dans le secteur du foncier, de la justice, de l’énergie de l'infrastructure routière, le la facilitation des échanges et de création des entreprises. Ces secteurs en pleine
réforme au Bénin devraient impacter les prochains classements en
faveur du Bénin.

Guerre commercial entre les USA, la Chine et l’Union européenne.

Les Etats Unis reprochent à la Chine la surproduction de l'acier, son ingérence sans les entreprises, le non respect de la propriété intellectuelle. Mieux, la balance commerciale des Etats Unis sur la Chine est déficitaire de 370 milliards de dollars. Les Etats Unis ont instauré 25 % et 10% respectivement sur l'acier et l'aluminium. Comment mesure de sauvegarde, la Chine a appliqué également des taxes sur une liste de produits en provenance des Etats Unis. Parmi ces produits, nous pouvons citer les fruits, la viande de porc le soja l'aluminium recyclé. Cette même politique protectionniste, à amener le président TROMP a prendre des mesures similaires contre certains produits en provenance de l'Union européenne. Celle ci a déposé une plainte à l'OMC pour le règlement de ce différend qui l'oppose au Etats Unis, en prenant également des mesures de sauvegarde. Cette guerre commercial peut amener la Chine et l'Union européenne à rechercher d'autres sources d'approvisionnement soit vers l'Asie ou l'Afrique. C'est en cela que certains pays peuvent se positionner si cette guerre perdure. Le Bénin pourrait saisir cette opportunité mais avec prudence.
Beaucoup se plaignent de ce que ça ne va pas parce que la monnaie ne circule pas. Et pourtant les salaires sont régulièrement payés dans le public que dans le privé.
Plusieurs portes certainement ont été fermées pour mobiliser
conséquemment les ressources pour le développement du pays. Avec les réformes
en cours, il y aura assez d’investissement pour contenter ceux qui
veulent travailler.
En conclusion, le Bénin est apprecié sur le plan international et rassure davantage les partenaires au développement.
Le président Patrice TALON, son ministre de l'industrie et du commerce Serge Mahouwèdo AHISSOU avec ces directeurs généraux sont déterminés à vous accompagner, vous conseiller et vous orienter afin que vous réussirez dans vos affaires. Vous opérateurs économiques, chef d'entreprise et acteurs économiques, vous avez de la valeur aux yeux du chef de l'État car vous êtes les créateurs d'emplois et de richesses. Votre rôle dans la société est déterminant et capital. Pour ma part, j'adresse mes encouragements à tous commerçants et industriels en vous rappelant que la direction générale du commerce est là pour vous ecouter, accompagner en dehors de son rôle d'élaboration et de mise en œuvre de la politique commerciale du pays.
PFC/MIC