Campagne de commercialisation 2018-2019 des noix de cajou

Les mesures du gouvernement pour la préservation du label béninois et la rentabilité du secteur

 

Augmenter à 300 000 tonnes la production des noix de Cajou à l’horizon 2021 dont 50 % à transformer sur place. C’est l’objectif visé par le gouvernement du Président Patrice TALON en mettant un point d’honneur sur la filière dans le Plan Stratégique de Développement du Secteur Agricole (Psdsa 2025) et le Plan National d’Investissements Agricoles et de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (Pniasan 2017 – 2021). Serge Mahouwèdo AHISSOU, Ministre de l’Industrie et du Commerce au lancement de la campagne de commercialisation 2018-2019 des noix de Cajou le jeudi 07 mars dernier à Dassa-Zoumé dans les départements des Collines, a expliqué la nouvelle forme de commercialisation prioriser par le gouvernement pour la préservation du label béninois et la rentabilité du secteur. Il s’agit de la vente groupée et la transformation sur place des produits en vue de la préservation du label et la rentabilité du secteur.

Cette option permettra également aux acteurs d’éviter le « bradage » des stocks, surtout avec la revue à la baisse du prix plancher de cession des noix pour la campagne 2018-2019 qui couvre la période du 07 mars au 31 Octobre 2019. En effet, pour cette saison de commercialisation, le gouvernement du Président Patrice Athanase Guillaume TALON, soucieux de la préservation des intérêts des producteurs a fixé à 400 FCFA le kilogramme des noix de cajou contre 650 FCFA l’an dernier. C’est un écart énorme (250 FCFA) qui pourrait amener ceux qui disposent encore des stocks, à brader leurs produits s’ils ne comptent pas les garder encore longtemps dans leurs magasins.

Au Bénin, plus de 7.500 tonnes de stocks résiduels sont encore dans les magasins des producteurs et acheteurs. Une situation qui pourrait créer des manques à gagner énormes pour ceux qui ont investi pour acheter cher les noix. C’est pourquoi le gouvernement en sa séance du Conseil des Ministres, du Mercredi 06 mars 2019 en tenant compte des travaux de la Commission permanente d’approvisionnement en facteurs de production, de commercialisation des produits agricoles et du commerce général s’est lancé le défi de la promotion de la filière à travers la préservation à la fois les intérêts des producteurs, des transformateurs ainsi que des exportateurs pour la rentabilité du secteur.

La fixation du prix plancher à 650 FCFA/kg l’année dernière, l’interdiction de l’exportation des noix de cajou par voie de terre constituent, la non-maîtrise des prix en conformité avec les cours internationaux ; la non-représentativité des producteurs dans les Commissions de fixation des prix des produits agricoles et tropicaux, l’exercice contre législation des exportateurs pirates et des commerçants illégaux et le long circuit de commercialisation constituent des facteurs qui avaient  ralenti l’écoulement des produits sur le marché mondial et pénalisé les pauvres producteurs et les exportateurs. À tout ceci s’ajoutent les querelles intestines et les guerres de leadership et d’intérêt entre les acteurs.

Face à ces situations qui annihilent les efforts fournis pour préserver les intérêts des producteurs et faire de l’anacarde un produit générateur de richesse pour les acteurs et l’économie nationale, la réorganisation des acteurs de la filière s’impose. Mieux, la filière anacarde, deuxième culture de rente après le coton et un produit d’une excellente qualité reconnue au plan mondial avec une valeur marchande KOR moyenne qui varie entre 47 et 49 Ibs, mérite d’être réorganisée à travers le suivi des flux physiques et financiers, favoriser la pratique de la vente groupée et parvenir ainsi à juguler les dysfonctionnements dans l’organisation de la commercialisation et pallier les exportations frauduleuses. Les principaux enjeux restent la sauvegarde du label béninois et la transformation des noix en produits consommables. Et pour se faire, un véritable accompagnement de la vente groupée permettra surtout de garantir la qualité des produits, d’assurer la traçabilité, la fiabilité des statistiques et la crédibilité de l’accès aux services financiers et non financiers des acteurs.

Pour ce qui est de la transformation des noix en produits directement consommables, les potentialités offertes ne sont exploitées jusque-là que de façon marginale. Sur plus de 150.000 tonnes de noix brutes produites, moins de 10.000 tonnes sont transformées sur place chaque année. Ceci en raison du nombre infime et de l’état archaïque des unités de transformation des noix à l’échelle industrielle.

Point Focal Communication du MIC